la raison pour laquelle ils apprécient tellement les mangas ?

Vos jeunes enfants ne jubilent que par ces BD japonaises qui se lisent à contresens. Leurs récits héroïques ou sentimentaux les passionnent et les ventes ne cessent de croître. Voilà un guide pour tout comprendre et… des suggestions de lecture pour découvrir un peu de leur monde !

Le 1er s’est déjà vendu à 64 millions dans le monde. Le deuxième en 2007 a remporté le prix du meilleur album au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Vous connaissez « Naruto », ou « NonNonBâ » ? Si les titres de ces mangas ne vous évoquent rien, vos jeunes ou petits-enfants les adorent.

 

La France est désormais le 2e consommateur de mangas… après le Japon ! Biberonnés à la BD franco-belge, nous sommes tout naturellement sensibles à ce type de BD, même lorsqu’elle vient d’Asie, précise Nicolas Finet, un spécialiste du manga. « Au départ, c’est la réciproque : des images et des textes qui inventent une histoire ! ».

En à peine quelques années, les mangas sont ainsi devenus un vrai phénomène. Actuellement, plus de 2000 nouveaux titres paraissent tous les ans en France, ce qui représente près de la moitié de la création francophone de la bande dessinée. 

Les jeunes fans le confirment. Vincent, un étudiant en lettres, a lu son 1er manga à l’âge de 8 ans, mais a commencé par des BD traditionnelles : « Enfant, je me suis nourri de toutes les histoires d’Astérix, Boule et Bill ou de Gaston Lagaffe « . Aux yeux de Nicolas Finet, les mangas offrent aux adolescents la chance de se démarquer de leurs aînés sans pour cela rompre avec eux : « Ils ont sans cesse besoin de se différencier des autres générations qui les ont précédés. Le manga est un outil extraordinaire pour ça. Il leur offre la chance de se servir d’une forme d’expression culturelle qui leur est familière, la bande dessinée, mais dans une forme autre.

Nous les lisons de la fin à… la 1ère page.

Au départ, un manga déconcerte le non-initié. Il se lit à reculons : de la droite vers la gauche, en partant de la quatrième de couverture. Les maisons d’édition françaises ont gardé le mode de lecture japonais. Passé la couverture, souvent très bariolée, le manga se différencie tout de suite par quelques codes visuels simples. Les illustrations sont généralement en noir et blanc. 

Les protagonistes ont de gros yeux, sans paupières. C’est une particularité surprenante vue d’Europe, mais elle a un rôle essentiel : le visage est la zone la plus éloquente du corps. Les créateurs japonais en exagèrent les traits pour traduire un maximum de sentiments, alors que  » Tintin n’a que deux traits noirs à la place des yeux comme s’il était non-voyant « , explique Thomas, 21 ans, adepte des mangas. 

La réalisation des actions est semblable à celle du cinéma. Nicolas Finet comparera le manga à un western spaghetti de Sergio Leone. Une séquence de duel est découpée de la même façon : « Il y a un va-et-vient permanent entre les deux opposants qui se toisent, des gros plans sur des portions de leur anatomie, des mains qui tremblotent Une page de bande dessinée franco-belge est équivalente à …. 35 pages de manga ! » 

Cette répartition n’est pas due au fruit du hasard : le récit relaté dans un manga se déroule fréquemment sur 20 à 30 volumes, comme pour une série de télé ! Du coup, les écrivains ont de la marge.

Ils traitent de tous les problèmes : économiques ou sexuels.

Imaginons une bande dessinée racontant les secrets de la vie économique japonaise à son âge d’or ! Cette bande dessinée a été créée. Imaginée par Ishinomori Shôtaro, elle a remporté un vif intérêt au Japon. 

Les mangas abordent tous les thèmes. Ils abordent aussi bien la manière avec laquelle Carlos Ghosn, ex PDG de Renault, a redressé la firme Nissan, que le parcours de Bouddha, ou encore l’apprentissage sexuel d’un nouveau couple. Il y en a pour tout le monde. 

Les jeunes garçons peuvent lire notamment « Bleach », « Naruto » ou « Evangelion », des romans cultes, de genre « Shônen », qui leur sont spécialement adressés. Ce sont des histoires initiatiques, conçues sur mesure. 

« Naruto » relate l’histoire de la transition à la maturité d’un tout jeune ninja. « Evangelion », quant à lui, évoque les péripéties extraordinaires d’un jeune homme de 14 ans, appelé à sauver le monde. Mais, méfiez-vous, sous l’aspect sibyllin de quelques intrigues, les mangas dissimulent très souvent une grande richesse. La psychologie, l’intériorité des caractères, y occupent une place prépondérante : « Ce n’est pas Astérix le petit Gaulois, qui viendra sauver la Gaule. 

Les mangas traitent de l’amitié, du bon et du mauvais. Evangelion, par la suite, traite du dilemme du porc-épic : plus vous vous approchez des personnes, plus elles sont capables de vous blesser en contrepartie « , précise Vincent avec bienveillance. 

Les petites filles sont plus susceptibles de lire des histoires à caractère émotionnel telles que le « Shôjo ». Là aussi, laissez tomber les bêtises « Japonisantes ». Quelques Shôjo traitent, sans aucun complexe, de la dépression ou de la sexualité !

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